Même si elle est peu répandue, la maigreur constitutionnelle existe bel et bien. Elle concerne 1% de la population féminine française et 0,4% de la population masculine.

On parle de maigreur constitutionnelle quand la personne a un IMC (Indice de Masse Corporelle = Poids / (Taille) ²)  inférieur à 17,5 kg/m² sans effort de restrictions ni sans recours à des méthodes compensatrices pour éliminer les calories (sport en excès, vomissements, prise de laxatifs).

Comment différencier la maigreur constitutionnelle d’un trouble alimentaire ?

Dès lors que la personne a toujours eu ce type de morphologie, mange selon ses besoins énergétiques et ses envies, réussit à se faire plaisir, se sent en forme, mais qu’elle réussit à peine à prendre quelques kilos en allant au-delà du rassasiement, on peut parler de maigreur constitutionnelle. La grande différence entre maigreur constitutionnelle et anorexie mentale réside chez les personnes maigres par nature à souhaiter prendre du poids mais à ne pas y parvenir. Fréquemment, ces personnes ont tendance à être rapidement rassasiées aux repas principaux (avec un plat unique par exemple). Elles ressentent par conséquent le besoin de fractionner leurs prises alimentaires et intègrent souvent une collation en matinée et dans l’après-midi.

D’un point de vue physiologique, le pourcentage de masse grasse est dans la normale (par exemple dans les 20/25% chez les femmes, alors que chez une femme souffrant d’anorexie mentale, il sera de 10 à 15%). De même, le métabolisme basal (énergie dépensée par le corps au repos) est normal (chez une femme de taille et de poids moyens : de l’ordre de 1200 kcal ; alors que chez une femme souffrant d’anorexie, le corps se met au repos et dépense un minimum : environ 600 à 700 kcal). Chez les femmes par nature, les cycles menstruels sont normaux.

Bien entendu, en amont, il est important de vérifier que la personne est en bonne santé. Tout amaigrissement rapide doit être considéré comme un signe d’alerte et nécessite une consultation chez un médecin généraliste.

Au cabinet, il m’arrive de recevoir des personnes possédant ce profil. Fréquemment, leur insatisfaction corporelle les pousse à rechercher une réponse nutritionnelle. Or, malheureusement, dans de nombreux cas, il est extrêmement difficile pour une personne maigre par nature de prendre du poids ; même en augmentant nettement ses apports énergétiques. Souvent, leur métabolisme basal s’adapte pour éliminer l’énergie consommée au-delà de leurs besoins. L’activité physique (de type renforcement musculaire) peut donner chez certaines personnes des résultats satisfaisants et permet d’étoffer leur silhouette gracile.

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